Les opposants aux énergies renouvelables n’hésitent pas à faire les fonds de tiroir de l’internet pour reprendre les titres de Fox New concernant une étude scientifique datant de 2012 sur le réchauffement des températures à proximité des éoliennes.
L’étude en question parle bien d’éoliennes et de réchauffement. Mais les résultats de cette étude avaient été détournés par la chaine de télévision américaine ultra-conservatrice Fox New titrant « Une nouvelle recherche montre que les fermes d’éoliennes provoquent le réchauffement global »… pour démonter la nocivité des éoliennes.
Cette présentation a été dénoncée comme « trompeuse » par un des auteurs des travaux : Liming Zhou (université d’Albany, Etats-Unis)
L’ETUDE EN QUESTION
Les chercheurs ont observé, par satellite, les tendances d’augmentation des températures d’une zone du Texas où sont implantés quatre des plus grands parcs éoliens au monde.
Dans cette zone, entre 2003 et 2011, les températures ont augmenté plus rapidement que dans les régions environnantes, dépourvues d’éoliennes. Cet excès se monte à environ 0,7 ºC sur la période étudiée.
POURQUOI UN TEL RECHAUFEMENT ALORS QUE LES ÉOLIENNES N’ÉMETTENT PAS DE CHALEUR ?
L’explication mise en avant par les auteurs est que les turbines favorisent le brassage vertical des couches d’air. Cet effet refroidit légèrement les températures au niveau du sol en journée, et réchauffe – plus fortement – les températures nocturnes. Le bilan est un réchauffement moyen qui se fait sentir localement la nuit.
« Les turbines ne créent pas de réchauffement net de l’air mais ne font que redistribuer la chaleur à proximité du sol, explique M. Zhou, ce qui est fondamentalement différent du réchauffement global à grande échelle causé par l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre. »
Le réchauffement mesuré près des éoliennes est donc « local et faible par rapport à la forte tendance de fond d’augmentation des températures au sol », explique Liming Zhou dans un communiqué, publié après plusieurs comptes-rendus trompeurs publiés dans la presse.
La raison pour laquelle les températures ont augmenté progressivement dans la zone étudiée, est simple : le nombre d’éoliennes y est passé de 111 en 2003 à 2 358 en 2011, augmentant de facto la redistribution de la chaleur accumulée au sol. ‘